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L’ère de la mégadonnée : vers la fin des clivages entre communicants et chiffres ?

Pendant longtemps, les clivages entre la communication (considérée comme subjective) et la science dite pure (plus objective et empirique) se sont exacerbées et cela semble continuer encore aujourd’hui.

Exit le siècle des lumières, finie la révolution industrielle, l’an 2000 a ouvert une ère nouvelle avec les balbutiements sous nos tropiques de l’internet. L’avènement des cybercafés bondés de monde et le bruit caractéristique que faisait la connexion internet en ce temps-là. L’on parlait du monde qui devenait « un gros village planétaire ». Moins de 30 ans après, les choses ont évolué !!!

L’intelligence artificielle (IA) régente désormais la vie de la planète.
L’IA, avec son potentiel infini arrivera-t-elle à accorder communicants et chiffres ?
Autrement dit, la mégadonnée fera-t-elle partie des méthodes des communicants d’aujourd’hui ?

La mégadonnée : qu’est-ce que c’est ?

Les mégadonnées (Big Data) désignent des ensembles d'informations numériques si volumineuses, complexes et rapides (vélocité) qu'elles nécessitent des technologies de traitement spécialisées, telles que l'intelligence artificielle, au-delà des outils de gestion de bases de données traditionnels. Elles proviennent de sources variées (réseaux sociaux, capteurs, transactions) et sont analysées pour révéler des tendances et faciliter la prise de décision. (Source IA)
Nous pouvons donc voir son usage, plus comme un actif stratégique permettant non seulement d’aider à la prise de décisions mais également de prédire les tendances sur nos marchés. En côte d’ivoire et au Sénégal, l’organisation de la donnée est gérée par des instances gouvernementales chargées de recenser, indiquer et enquêter sur des phénomènes sociaux précis.
L’Agence Nationale de la Statistique de Côte d’Ivoire par exemple, née en 2024, travaille à produire de la matière démographique, sociale, économique et sectorielle. Elle coordonne les entités en présence, puis règle le besoin d’accès à la donnée souvent soulevé par les praticiens. Selon Dominique Walton : « Dans la communication, le plus compliqué n’est ni le message, ni la technique, mais le récepteur ». D’où l’importance croissante et presque indispensable de l’utilisation des données/mégadonnées dans le quotidien des communicants pour adresser le message idoine à chaque cible/récepteur. Pour y parvenir, il faut bien se servir des formes de données à notre portée.

Quelles sont ses formes ?

Dans le détail, il existe les données qualitatives, quantitatives, structurées, non structurées, semi-structurées, métadonnées et la mégadonnée. Elles sont toutes utiles et pertinentes pour le communicant en fonction du secteur d’activité, de la taille de son entreprise et des canaux utilisés dans sa communication globale. Il s’agit d’analyser le flux constant d’informations obtenues par la communication intermédiaire, les outils de communication interne, les interactions avec sa marque et la concurrence de sorte à stimuler la croissance de son entreprise et impulser l’innovation.
De même, l’évolution des outils analytiques offre des possibilités d’utilisation d’algorithmes de Machine Learning pour suggérer et optimiser les contenus. Nous parlons de l’Intelligence Artificielle générative qui est aux antipodes de Chatgpt. Elle est capable de créer des contenus originaux (texte, images, vidéo, audio et/ou code logiciel) en réponse à une requête formulée correctement par un utilisateur. Il n’est plus question de s’arrêter à l’engagement de nos communautés (J’aime, commente, partage) mais de scruter le temps mis sur le site, les sessions ouvertes, les fiches observées, les rubriques appréciées, le trafic sur les voies ou sont nos panneaux. L’audience affinée, la niche et la psychographie deviennent l’enjeu de la donnée pour le communicant. Cette partie technique reste une compétence additionnelle et se faire accompagner par un spécialiste ou scientifique de la donnée dans nos équipes serait forcément un atout.
Quel que soit le format ou le type, la collecte d’une donnée doit être sujette à une définition claire des objectifs et l’identification des sources (primaires, secondaires, tertiaires). Pour nous, privilégier les sources brutes existantes est une bonne manière de gérer le rapport qualité-prix. Ce sont entre autres les interactions sur les réseaux sociaux, les jeux de données disponibles gratuitement auprès des gouvernements et des organisations, les données ouvertes (Universités, chercheurs, Open street Map), les données transactionnelles de l’entreprise, les enquêtes, sondages et questionnaires provenant des appareils de l’Internet des objets (IdO).
Toutefois, il faut préciser que le traitement de certaines données relevant de la protection de la vie privée exige des autorisations et processus différents.

La culture de la donnée et son influence aujourd’hui

Une fois ces bases assimilées, nous pouvons explorer les bénéfices de la culture de la donnée pour les communicants. La vérité est que la mégadonnée continuera son ascension en Afrique de l’ouest influençant ainsi la prise de données. Un exemple parallèle serait d’observer le taux de pénétration d’internet qui afficherait selon l’agence Ecofin, 48 % de croissance de 2023 à 2024 dans la sous-région ouest-africaine. Elle serait marquée par des disparités observées notamment en Côte d'Ivoire où on note une progression de 38,4 %. Adopter une culture des données, améliorerait la compréhension profonde de l’économie comportementale (insights, facteurs sociaux, etc.) de notre domaine d’intervention. Elle favoriserait la transformation des données brutes en informations stratégiques facilitant la formulation d’intention et axes de communication. Elle irait jusqu’à évaluer le potentiel d’une piste, thématique ou d’une campagne avant de la lancer. Elle propulserait la visibilité de nos plateformes digitales, optimiserait, puis structurerait nos contenus pour au final faire vivre une expérience utilisateur unique à nos consommateurs/bénéficiaires.
De plus, ce changement stratégique est le matelas d’un département de communication agile, capable de réagir avant la concurrence du fait de l’étude rapide des hypothèses que pourraient présenter une situation. En dernier avantage, la culture de la donnée transcende les décisions émotives et tendancielles des pratiquants de communication « fini les actions intuitives ». Elle habitue les collaborateurs à fonder leur postulat sur du matériel et stimule l’innovation. Elle crée en définitive un environnement propice au renforcement des capacités et offre des espaces dynamiques de pratique, propices à la recherche. Même si elle est bénéfique à plus d’un titre, sa mise en œuvre n’est pas que le fait d’une décision de d’un comité de direction. Elle se heurte aux défis structurels tels que l’analphabétisme numérique dû à la faible exposition aux équipements et à l’insuffisance des infrastructures en Afrique de l’ouest. Ces enjeux donnent lieu à la désinformation et à la mésinformation de nos publics d’où la nécessité d’asseoir une génération de communicants habiles à la littératie des données.
Désormais, il ne s’agit plus seulement de manier les mots ou de jouer sur les effets rhétoriques : l’intégration de la donnée comme élément clé dans la stratégie de communication devient essentielle. La mégadonnée transforme la manière dont les communicants abordent leur métier, en les poussant à dépasser les querelles traditionnelles pour adopter une approche plus analytique et orientée vers la compréhension fine des publics.

En conséquence, l’ère de la mégadonnée marque un tournant décisif, où l’opposition entre communicants et chiffres s’effacent au profit d’une collaboration fructueuse, centrée sur l’exploitation intelligente de l’information pour construire des communications plus pertinentes et plus ciblées. Au club des communicants de côte d’ivoire, nous avons fait le pari de « connaître la superficie et le nombre de pièces avant de faire des plans ».

Alors, qu’attendez-vous pour embarquer avec nous afin d’apprendre davantage comment intégrer la donnée à votre quotidien de communicant.

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